Grippe A : 300 morts, 2 à 3 milliards dépensés. Hypertension lié à l'excès de sel alimentaire : 25 000 morts tous les ans depuis des décennies, une simple signature pourrait permettre d'économiser 6 milliards du jour au lendemain. Mais rien ne bouge. Cherchez l'erreur !
Le problème est simple. Actuellement, les Français consomment entre 8,5 et 10 grammes de sel (chlorure de sodium) tous les jours, alors que l'OMS et l'Europe préconisent de ne pas dépasser les 5g et que les besoins réels sont estimés entre 2 et 3g. Cet excès est redoutable pour la santé : selon Pierre Meneton (*), chercheur à l'Inserm, il provoquerait 75 000 accidents cardio-vasculaires tous les ans, dont 25 000 décès. Rien que ça. Le problème est connu depuis des lustres. En 2002, déjà, l'Afssa demandait (timidement) aux industries agro-alimentaires de réduire les quantités de sel incorporées dans les aliments. Objectif : -20% sur cinq ans. Mais rien n'y fait. Malgré l'ampleur du scandale, les pouvoirs publics restent sourds et aveugles. Et les étiquettes restent muettes.
Cache-misère alimentaire (et accélérateur de croissance)
Entre 80 et 90% du sel ingéré par la population provient de l'alimentation industrielle : soupes, biscuits (salés ou sucrés), boissons, plats cuisinés, pain... Un exemple, relevé par l'UFC Que Choisir dans son édition de mars 2007 : un bol de céréales du matin contient autant de sel qu'un bol d'eau de mer, et un paquet de chips en représente trois ! Pour agiter la salière, les industriels ont la main lourde, le plus souvent à notre insu puisque rien ne les oblige à indiquer la présence de sel dans les aliments, pas plus que sa concentration. Et lorsque cette information est affichée, elle est le plus souvent exprimée en quantité de sodium, ce qui divise par 2,5 la quantité réelle de chlorure de sodium.
Aujourd'hui, le sel n'est plus utilisé à des fins de conservation, mais il possède quatre caractéristiques qui le rendent incontournable. Primo, ses qualités de rétention d'eau permettent d'augmenter artificiellement le poids des produits, et donc leur prix. Deuxio, c'est un exhausteur de goût sans équivalent, qui permet de relever la saveur de plats sans grand intérêt gustatif. Tercio, le sel provoque un effet d'accoutumance, le "syndrome du biscuit apéritif". Quarto, il possède un pouvoir assoiffant hors du commun. Réduire sa consommation de moitié se traduirait par une diminution de la prise de boisson de 330 millilitres par personne et par jour, selon le même Meneton. Un manque à gagner de 6 à 8 milliards d'euros, rien qu'en France, pour les fabricants de boissons et d'eau en bouteille.
Une addition bien salée
Pourtant, l'étude Intersalt réalisée en 1997 sur 10 000 personnes dans 32 pays (et largement confirmée depuis), montrait sans ambigüité qu'en réduisant de moitié les quantités de sel incorporées dans la nourriture industrielle, on diminuerait aussi de moitié le nombre d'hypertendus. Sans l'aide d'aucun médicament. Un coup dur pour le très rentable marché des antihypertenseurs, qui pèse, seulement en France, 2 milliards d'euros par an. Hasard total, le groupe Solvay, membre du Comité des salines de France et second producteur européen de sel, possède également une branche pharmaceutique qui aligne pas moins de cinq médicaments anti-hypertension ! De la belle ouvrage...
32 milliards de dollars
Aux Etats-Unis, la Rand Corporation, un des plus prestigieux think tanks américains, a récemment publié une étude sur les ravages du chlorure de sodium. Le simple fait d'appliquer les limites recommandées par les autorités US et l'OMS soulagerait 11 millions d'hypertendus, éviterait des dizaines de milliers de décès et se traduirait par une économie immédiate de 18 milliards de dollars en soins de santé directs, tous les ans. Mieux, en prenant en compte les années de vie gagnées à l'échelle du pays et l'amélioration de l'état de santé global de la population, ce sont 32 milliards qui seraient ainsi annuellement économisés. Projection à la (grosse) louche de ces chiffres à la situation hexagonale : environ 6 milliards d'euros pourraient être épargnés.
Mensonges et trahison...
Oui, mais voilà, en 2007, Le Point a dévoilé le contenu d'un document confidentiel qui prouvait que l'industrie agroalimentaire était au courant des effets néfastes de l'excès de sel sur la santé, depuis au moins 25 ans ! Les entreprises du secteur auraient en outre cherché à dissimuler l'information. Dans une note interne datée de janvier 1982, l'un des responsables scientifiques de l'américain Frito-Lay, filiale du géant Pepsico, second producteur mondial de sodas, explique qu'il faut allumer un contre-feu pour faire oublier les risques liés au sel industriel : « Une promotion efficace de la théorie de "l'effet bénéfique du calcium sur l'hypertension" pourrait pendant un temps relâcher la pression sur le sel [bien qu'il ne soit] pas probable qu'un apport adéquat en calcium seul puisse prévenir ou améliorer la plupart des types d'hypertension primaire ». Et le document de préciser, un peu plus loin : « Même si la campagne sur le calcium est un succès, il est vraisemblable que le problème du sodium reviendra à l'ordre du jour à long terme».
25 ans plus tard, le sodium n'est toujours pas à "l'ordre du jour" : Ce qu'on appelle un plan qui se déroule sans accroc. Les morts ont-ils un sens ?
[* : Pierre Meneton. Quinze ans qu'on le prend pour un fou, un excentrique original et vaniteux. Victime de tentatives de déstabilisation, d'intimidations, de mises sur écoute... il n'a eu de cesse de dénoncer ce scandale, envers et contre tous. Ce chercheur de l'INSERM s'est retrouvé devant les tribunaux, accusé de diffamation par le Comité des Salines de France, un redoutable lobby prêt à tout pour défendre son business. Mais le procès a eu l'effet inverse de celui espéré. Toutes les informations ont été mises sur la table. Appelés à la barre en tant que témoins, l'ancien directeur général de la Santé, Joël Ménard, et le journaliste du Point auteur de l'article qui a mis le feu aux poudres, Christophe Labbé, ont soutenu Pierre Meneton. Mercredi 12 mars 2008, les plaignants ont été déboutés, le tribunal ayant estimé que Meneton avait fait preuve d'une « appréciation critique » et non « diffamatoire ».]
(Article publié sur le site "Les mots ont un sens")
25 janvier 2010 12:17, Les mots ont un sens, par Napakatbra
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mercredi 27 janvier 2010
jeudi 24 décembre 2009
NutriNet-Santé
Six mois après son lancement, l’étude NutriNet-Santé livre ses premiers résultats et relance son appel au volontariat :« pour 100 000 volontaires de plus dans les 6 mois à venir »
Le 11 mai 2009, a été lancée officiellement « l'étude NutriNet-Santé : 500 000 Nutrinautes pour étudier les comportements alimentaires et les relations nutrition-santé », coordonnée par l’Unité de recherche en Epidémiologie Nutritionnelle (U557 Inserm/Inra/Cnam/Université Paris 13), dirigée par le Pr Serge Hercberg. Cette étude épidémiologique s’est fixée comme objectif de recruter, sur 5 ans, des internautes de plus de 18 ans, les « Nutrinautes » acceptant de répondre, sur le site www.etude-nutrinet-sante.fr, à des questionnaires sur leur alimentation, leur activité physique, leurs poids et taille, leur état nutritionnel et sur de multiples déterminants des comportements alimentaires (au total, 2 heures sur les 3 premières semaines). Dans le cadre de leur suivi, les Nutrinautes reçoivent chaque mois un e-mail les invitant à remplir d’éventuels questionnaires complémentaires (20 minutes maximum par mois).
Pour pouvoir atteindre l’ensemble de leurs objectifs, les chercheurs souhaitent inclure 500 000 internautes sur les 5 années à venir. En termes de planification, les coordinateurs de l’étude se sont fixés d’inclure 150 000 personnes sur la première année, idem pour la deuxième année et le reste sur les 3 années suivantes.
A la date du 27 novembre 2009, 104 356 internautes sont déjà inscrits. Si les objectifs croisant la nutrition et la santé nécessitent plusieurs années de surveillance des Nutrinautes pour tirer des conclusions, des résultats concernant les comportements alimentaires et l’état nutritionnel des 50 000 premiers sujets inclus sont déjà disponibles.
Des apports alimentaires contrastés en France liés aux traditions régionales et aux disparités socioéconomiques
L’analyse de plus de 90 000 journées alimentaires remplies par les Nutrinautes permet de montrer d’importantes disparités régionales (évaluées en termes de différence positive ou négative par rapport à la moyenne nationale de la France entière) pour la consommation de :
fruits (natures) : consommations les plus faibles en Nord-Pas de Calais (-20 %) et en Picardie (-18 %) ; les plus élevées en Auvergne (+15 %), en Languedoc-Roussillon (+9 %), et en PACA (+9 %) ;
légumes (natures) : consommations les plus faibles en Nord-Pas de Calais (-15 %), en Basse-Normandie (-9 %), en Lorraine (-9 %) et en Picardie (-9 %) ; les plus élevées en PACA (+8 %), en Languedoc-Roussillon (+8 %) ;
pommes de terre : consommations les plus élevées en Nord-Pas de Calais (+43 %), en Picardie (+32 %) et en Bretagne (+27 %) ; les plus faibles en PACA (- 21 %) et en Languedoc-Roussillon (-17 %) ;
poisson : consommations les plus élevées en Aquitaine (+14 %),en Ile-de-France (+13 %), en Languedoc-Roussillon (+11 %) et en Bretagne (+10 %) ; les plus faibles en Lorraine (-23 %), en Alsace (-20 %), en Nord-Pas de Calais (-20 %) et en Picardie (-16 %) ;
fruits de mer : consommations les plus élevées en Bretagne (+ 107 %), en Pays de la Loire (+48 %) ; les plus faibles en Bourgogne (-46 %) et en Lorraine (-45 %) ;
beurre : consommations les plus élevées en Basse-Normandie (+ 22 %), en Pays de la Loire (+ 20 %) et en Bretagne (+19 %) ; les plus faibles en Aquitaine (-13 %), en Franche-Comté (-12 %), en Languedoc-Roussillon (-11 %) et en PACA (-10 %) ;
huile : consommations les plus élevées en Languedoc-Roussillon (+ 22 %), en PACA (+ 17 %) ; les plus faibles en Pays de la Loire (-18 %) et en Bretagne (- 16 %). Pour l’huile d’olive, les extrêmes vont de + 91 % en PACA et + 53 % en Languedoc-Roussillon à -40 % en Picardie et -36 % en Basse Normandie ;
margarine : consommations les plus élevées en Nord-Pas de Calais (40 %) et en Basse Normandie (-39 %) ; les plus faibles en Midi-Pyrénées (-33 %) et en PACA (-28 %) ;
fromages : consommations les plus élevées en Auvergne (+ 24 %) ; les plus faibles en Bretagne (-17 %) ;
charcuteries : consommations les plus élevées en Auvergne (+31 %), en Alsace (+19 %) et en Champagne-Ardenne (+ 18 %) ; les plus faibles en Poitou-Charentes (-11%) et en Ile-de-France (-11 %).
On retrouve donc un gradient Nord-Sud pour les fruits et légumes, une France du beurre et une France de l’huile (notamment de l’huile d’olive). Les régions du Nord et de l’Est de la France sont caractérisées par des apports alimentaires moins favorables à un bon équilibre nutritionnel.
Ces différences s’expliquent à la fois par des traditions régionales de consommation mais également par des facteurs socio-économiques que caractérisent les différentes régions. D’ailleurs, au niveau national, la consommation de fruits et légumes est 40 % plus élevée chez les cadres supérieurs par rapport aux ouvriers et employés et, d’une façon générale, 50 % plus élevée dans les plus hauts revenus par rapport aux plus faibles revenus. De la même façon, la consommation de poisson est plus élevée chez les cadres, les plus diplômés et les plus hauts revenus. A l’inverse, les consommations de viande, charcuterie et pommes de terre sont plus basses chez les sujets de plus haut niveau d’éducation, de plus hauts revenus et chez les cadres supérieurs par rapport aux ouvriers.
Une prévalence de l’obésité qui varie selon les régions : le poids des disparités sociales
La prévalence du surpoids est de 32 % chez les femmes et de 46 % chez les hommes, dont 11 % d’obésité pour les deux sexes.
Les régions les plus touchées par l’obésité sont le Nord-Pas de Calais (18 %), la Lorraine (17 %) et la Picardie (17 %). Les régions les moins touchées sont la région Midi-Pyrénées (7 %), l’Aquitaine (8 %), la Bretagne (9 %), le Limousin (9 %) et la région PACA (10 %).
Le pourcentage de sujets en surpoids ou obèses augmente avec l'âge (excepté pour l’obésité chez les sujets de plus de 65 ans).
Le pourcentage de sujets en surpoids ou obèses diminue avec l'augmentation du niveau d'éducation : plus de 2 fois plus d'obèses chez les sujets ayant un niveau primaire par rapport aux sujets ayant un niveau supérieur (chez les hommes 22 % vs 9 % ; chez les femmes : 20 % vs 8 %).
La prévalence de l’obésité est nettement plus élevée chez les sujets à bas revenus (2 fois plus élevée par rapport aux plus hauts revenus).
La maigreur concerne 5 % des femmes (6 % chez les femmes ayant un niveau de diplôme supérieur) et 2 % des hommes.
La bonne connaissance des repères de consommation alimentaire est associée à des apports alimentaires réels plus favorables sur le plan nutritionnel
85 % des femmes et des hommes connaissent parfaitement les repères de consommation pour les fruits et légumes (« au moins 5 par jour ») et pour le poisson (« au moins 2 fois par semaine »). Le repère des viandes poissons-oeufs (« 1 à 2 par jour ») est connu par 75% des sujets et celui des produits laitiers (« 3 par jour ») par 39%. Le repère des féculents (« à chaque repas, soit 3 fois par jour ») est le repère le moins bien connu (22% de la population). De façon générale, les femmes connaissent mieux les repères de consommation que les hommes.
Il n’existe pas de variations majeures dans la connaissance des repères en fonction de l’âge, de la catégorie socio-professionnelle, du niveau d’éducation et de la région. Seule la connaissance du repère pour les poissons apparaît plus élevée chez les plus âgés.
Les résultats du croisement entre la connaissance des repères et la consommation alimentaire montrent que pour les fruits et légumes et pour le poisson, les personnes qui connaissent les repères ont des consommations plus élevées (et plus adéquates) que ceux qui ne les connaissent pas.
Image du corps, une pression forte pour les femmes : 1 femme sur 3 de poids normal se trouve trop grosse et 2 sur 3 voudraient peser moins !
42 % des hommes et 49 % des femmes se trouvent trop gros (62 % chez les femmes ayant un niveau de diplôme de niveau primaire vs 45 % chez celles qui ont un niveau supérieur).
Chez les sujets obèses, 99 % des femmes et 98 % des hommes se trouvent trop gros. Pour les sujets ne présentant qu’un surpoids, 92 % des femmes et 69 % des hommes se trouvent trop gros.
55 % des hommes et 70 % des femmes souhaiteraient peser moins (indépendamment des catégories sociales).
94 % des hommes et 97 % des femmes obèses souhaitent peser moins et les chiffres sont respectivement de 82% et 95 % pour ceux ne présentant qu’un surpoids.
30 % des femmes de poids normal se trouvent trop grosses (contre 13% des hommes).
63 % des femmes de poids normal voudraient maigrir contre 30 % des hommes de poids normal.
9 % des femmes maigres voudrait peser moins (contre 1 % chez les hommes maigres).
Ces premiers résultats de l’étude NutriNet-Santé mettent en évidence que les comportements alimentaires et l’état nutritionnel sont fortement influencés par le niveau d’éducation générale et de connaissance nutritionnelle, les facteurs culturels, l’offre alimentaire et le niveau socio-économique. L’image idéale de minceur, véhiculée par les médias et le monde de la mode, est sans doute un élément explicatif du nombre important de femmes, notamment de corpulence normale, se trouvant trop grosses et surtout souhaitant maigrir.
Le recrutement des 500 000 sujets est prévu sur 5 ans, dont 150 000 la première année. La forte participation initiale des internautes est très encourageante pour les coordinateurs de l’étude qui espèrent accélérer l’inclusion de nouveaux Nutrinautes. Les chercheurs amplifient donc leur appel à la bonne volonté des citoyens afin de dépasser les objectifs initialement fixés en termes de calendrier et de recruter 100 000 nouveaux volontaires dans les 6 mois à venir. Ils rappellent que l’inclusion des internautes qui souhaitent aider la recherche reste ouverte et le restera pendant les 5 ans à venir. Ils appellent encore à PARTICIPER A CETTE ETUDE POUR FAIRE PROGRESSER LA RECHERCHE PUBLIQUE SUR LA NUTRITION ET LA SANTE.
lien: Etude Nutrinet-Santé
Le 11 mai 2009, a été lancée officiellement « l'étude NutriNet-Santé : 500 000 Nutrinautes pour étudier les comportements alimentaires et les relations nutrition-santé », coordonnée par l’Unité de recherche en Epidémiologie Nutritionnelle (U557 Inserm/Inra/Cnam/Université Paris 13), dirigée par le Pr Serge Hercberg. Cette étude épidémiologique s’est fixée comme objectif de recruter, sur 5 ans, des internautes de plus de 18 ans, les « Nutrinautes » acceptant de répondre, sur le site www.etude-nutrinet-sante.fr, à des questionnaires sur leur alimentation, leur activité physique, leurs poids et taille, leur état nutritionnel et sur de multiples déterminants des comportements alimentaires (au total, 2 heures sur les 3 premières semaines). Dans le cadre de leur suivi, les Nutrinautes reçoivent chaque mois un e-mail les invitant à remplir d’éventuels questionnaires complémentaires (20 minutes maximum par mois).
Pour pouvoir atteindre l’ensemble de leurs objectifs, les chercheurs souhaitent inclure 500 000 internautes sur les 5 années à venir. En termes de planification, les coordinateurs de l’étude se sont fixés d’inclure 150 000 personnes sur la première année, idem pour la deuxième année et le reste sur les 3 années suivantes.
A la date du 27 novembre 2009, 104 356 internautes sont déjà inscrits. Si les objectifs croisant la nutrition et la santé nécessitent plusieurs années de surveillance des Nutrinautes pour tirer des conclusions, des résultats concernant les comportements alimentaires et l’état nutritionnel des 50 000 premiers sujets inclus sont déjà disponibles.
Des apports alimentaires contrastés en France liés aux traditions régionales et aux disparités socioéconomiques
L’analyse de plus de 90 000 journées alimentaires remplies par les Nutrinautes permet de montrer d’importantes disparités régionales (évaluées en termes de différence positive ou négative par rapport à la moyenne nationale de la France entière) pour la consommation de :
fruits (natures) : consommations les plus faibles en Nord-Pas de Calais (-20 %) et en Picardie (-18 %) ; les plus élevées en Auvergne (+15 %), en Languedoc-Roussillon (+9 %), et en PACA (+9 %) ;
légumes (natures) : consommations les plus faibles en Nord-Pas de Calais (-15 %), en Basse-Normandie (-9 %), en Lorraine (-9 %) et en Picardie (-9 %) ; les plus élevées en PACA (+8 %), en Languedoc-Roussillon (+8 %) ;
pommes de terre : consommations les plus élevées en Nord-Pas de Calais (+43 %), en Picardie (+32 %) et en Bretagne (+27 %) ; les plus faibles en PACA (- 21 %) et en Languedoc-Roussillon (-17 %) ;
poisson : consommations les plus élevées en Aquitaine (+14 %),en Ile-de-France (+13 %), en Languedoc-Roussillon (+11 %) et en Bretagne (+10 %) ; les plus faibles en Lorraine (-23 %), en Alsace (-20 %), en Nord-Pas de Calais (-20 %) et en Picardie (-16 %) ;
fruits de mer : consommations les plus élevées en Bretagne (+ 107 %), en Pays de la Loire (+48 %) ; les plus faibles en Bourgogne (-46 %) et en Lorraine (-45 %) ;
beurre : consommations les plus élevées en Basse-Normandie (+ 22 %), en Pays de la Loire (+ 20 %) et en Bretagne (+19 %) ; les plus faibles en Aquitaine (-13 %), en Franche-Comté (-12 %), en Languedoc-Roussillon (-11 %) et en PACA (-10 %) ;
huile : consommations les plus élevées en Languedoc-Roussillon (+ 22 %), en PACA (+ 17 %) ; les plus faibles en Pays de la Loire (-18 %) et en Bretagne (- 16 %). Pour l’huile d’olive, les extrêmes vont de + 91 % en PACA et + 53 % en Languedoc-Roussillon à -40 % en Picardie et -36 % en Basse Normandie ;
margarine : consommations les plus élevées en Nord-Pas de Calais (40 %) et en Basse Normandie (-39 %) ; les plus faibles en Midi-Pyrénées (-33 %) et en PACA (-28 %) ;
fromages : consommations les plus élevées en Auvergne (+ 24 %) ; les plus faibles en Bretagne (-17 %) ;
charcuteries : consommations les plus élevées en Auvergne (+31 %), en Alsace (+19 %) et en Champagne-Ardenne (+ 18 %) ; les plus faibles en Poitou-Charentes (-11%) et en Ile-de-France (-11 %).
On retrouve donc un gradient Nord-Sud pour les fruits et légumes, une France du beurre et une France de l’huile (notamment de l’huile d’olive). Les régions du Nord et de l’Est de la France sont caractérisées par des apports alimentaires moins favorables à un bon équilibre nutritionnel.
Ces différences s’expliquent à la fois par des traditions régionales de consommation mais également par des facteurs socio-économiques que caractérisent les différentes régions. D’ailleurs, au niveau national, la consommation de fruits et légumes est 40 % plus élevée chez les cadres supérieurs par rapport aux ouvriers et employés et, d’une façon générale, 50 % plus élevée dans les plus hauts revenus par rapport aux plus faibles revenus. De la même façon, la consommation de poisson est plus élevée chez les cadres, les plus diplômés et les plus hauts revenus. A l’inverse, les consommations de viande, charcuterie et pommes de terre sont plus basses chez les sujets de plus haut niveau d’éducation, de plus hauts revenus et chez les cadres supérieurs par rapport aux ouvriers.
Une prévalence de l’obésité qui varie selon les régions : le poids des disparités sociales
La prévalence du surpoids est de 32 % chez les femmes et de 46 % chez les hommes, dont 11 % d’obésité pour les deux sexes.
Les régions les plus touchées par l’obésité sont le Nord-Pas de Calais (18 %), la Lorraine (17 %) et la Picardie (17 %). Les régions les moins touchées sont la région Midi-Pyrénées (7 %), l’Aquitaine (8 %), la Bretagne (9 %), le Limousin (9 %) et la région PACA (10 %).
Le pourcentage de sujets en surpoids ou obèses augmente avec l'âge (excepté pour l’obésité chez les sujets de plus de 65 ans).
Le pourcentage de sujets en surpoids ou obèses diminue avec l'augmentation du niveau d'éducation : plus de 2 fois plus d'obèses chez les sujets ayant un niveau primaire par rapport aux sujets ayant un niveau supérieur (chez les hommes 22 % vs 9 % ; chez les femmes : 20 % vs 8 %).
La prévalence de l’obésité est nettement plus élevée chez les sujets à bas revenus (2 fois plus élevée par rapport aux plus hauts revenus).
La maigreur concerne 5 % des femmes (6 % chez les femmes ayant un niveau de diplôme supérieur) et 2 % des hommes.
La bonne connaissance des repères de consommation alimentaire est associée à des apports alimentaires réels plus favorables sur le plan nutritionnel
85 % des femmes et des hommes connaissent parfaitement les repères de consommation pour les fruits et légumes (« au moins 5 par jour ») et pour le poisson (« au moins 2 fois par semaine »). Le repère des viandes poissons-oeufs (« 1 à 2 par jour ») est connu par 75% des sujets et celui des produits laitiers (« 3 par jour ») par 39%. Le repère des féculents (« à chaque repas, soit 3 fois par jour ») est le repère le moins bien connu (22% de la population). De façon générale, les femmes connaissent mieux les repères de consommation que les hommes.
Il n’existe pas de variations majeures dans la connaissance des repères en fonction de l’âge, de la catégorie socio-professionnelle, du niveau d’éducation et de la région. Seule la connaissance du repère pour les poissons apparaît plus élevée chez les plus âgés.
Les résultats du croisement entre la connaissance des repères et la consommation alimentaire montrent que pour les fruits et légumes et pour le poisson, les personnes qui connaissent les repères ont des consommations plus élevées (et plus adéquates) que ceux qui ne les connaissent pas.
Image du corps, une pression forte pour les femmes : 1 femme sur 3 de poids normal se trouve trop grosse et 2 sur 3 voudraient peser moins !
42 % des hommes et 49 % des femmes se trouvent trop gros (62 % chez les femmes ayant un niveau de diplôme de niveau primaire vs 45 % chez celles qui ont un niveau supérieur).
Chez les sujets obèses, 99 % des femmes et 98 % des hommes se trouvent trop gros. Pour les sujets ne présentant qu’un surpoids, 92 % des femmes et 69 % des hommes se trouvent trop gros.
55 % des hommes et 70 % des femmes souhaiteraient peser moins (indépendamment des catégories sociales).
94 % des hommes et 97 % des femmes obèses souhaitent peser moins et les chiffres sont respectivement de 82% et 95 % pour ceux ne présentant qu’un surpoids.
30 % des femmes de poids normal se trouvent trop grosses (contre 13% des hommes).
63 % des femmes de poids normal voudraient maigrir contre 30 % des hommes de poids normal.
9 % des femmes maigres voudrait peser moins (contre 1 % chez les hommes maigres).
Ces premiers résultats de l’étude NutriNet-Santé mettent en évidence que les comportements alimentaires et l’état nutritionnel sont fortement influencés par le niveau d’éducation générale et de connaissance nutritionnelle, les facteurs culturels, l’offre alimentaire et le niveau socio-économique. L’image idéale de minceur, véhiculée par les médias et le monde de la mode, est sans doute un élément explicatif du nombre important de femmes, notamment de corpulence normale, se trouvant trop grosses et surtout souhaitant maigrir.
Le recrutement des 500 000 sujets est prévu sur 5 ans, dont 150 000 la première année. La forte participation initiale des internautes est très encourageante pour les coordinateurs de l’étude qui espèrent accélérer l’inclusion de nouveaux Nutrinautes. Les chercheurs amplifient donc leur appel à la bonne volonté des citoyens afin de dépasser les objectifs initialement fixés en termes de calendrier et de recruter 100 000 nouveaux volontaires dans les 6 mois à venir. Ils rappellent que l’inclusion des internautes qui souhaitent aider la recherche reste ouverte et le restera pendant les 5 ans à venir. Ils appellent encore à PARTICIPER A CETTE ETUDE POUR FAIRE PROGRESSER LA RECHERCHE PUBLIQUE SUR LA NUTRITION ET LA SANTE.
lien: Etude Nutrinet-Santé
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